Senlis, ville royale, et son centre ville médiéval

Senlis et son histoire

Préhistoire

La Préhistoire a laissé de nombreux vestiges, des outils en pierre, des enceintes circulaires(forêt d’Halatte), les deux menhirs de Indrolles. Non loin de la route du « Chêne à l'image » se trouve un autre roche, la « Pierre qui corne » percée de nombreux trous, (menhir?) Et à Chamant existait une « allée couverte » disparue de nos jours[].

Antiquité

Les origines de Senlis en tant que ville remonteraient apparemment au début de notre ère. Senlis aurait été alors le chef-lieu d'une tribu celte : les sylvanectes connue par différentes monnaies gauloises, et aussi par des chemins gaulois. Ensuite, une ville romaine apparait appelée Augustomagus, ( le marché d’auguste); dédiée à un empereur romain. Les habitants d’alors respectent la domination romaine, et ils obtiennent le droit de se gouverner eux-mêmes, mais paient un tribut à l'empereur. Au IIe siècle, Augustomagus est l'une des dix villes dites libres ou municipes de la gaule romaine. Des monuments de cette époque, seules subsistent les arènes. Au IIIe siècle, Augustomagus devient une place militaire importante et s'entoure d'une muraille gallo romaine, épaisse de quatre mètres et haute de sept à huit mètres, dotée de vingt-huit tours, pour faire face aux invasions barbares. Au milieu du IIIème siècle, Saint Rieul devient le premier évêque de Senlis. On ignore ce que fut la ville jusqu’au royaume des francs.

Le Moyen Âge

Le Haut Moyen Âge

Senlis aurait été partagée entre la burgondie et l’austrasie. En 795, Charlemagne aurait fondé l’abbaye Saint remi. La première mention d'un comté de Senlis date 823. Un château royal et son trésor daterait de 850 environ. A partir de 864, le roi déchu pépin II d’Aquitaine et l’évêque Hincmar de Laon sont enfermés au château de Senlis par Charles le chauve. Celui ci est également le premier roi à venir régulièrement à Senlis.

Bernard, premier comte de Senlis, oncle de Richard Ier de Normandie accueille celui-ci à Senlis en 944 après avoir été libéré de sa captivité à Laon. A cause de cela, le roi Louis et Othon Ier, assiègent Senlis, mais les remparts et le courage des habitants furent les plus forts.

En 978, Senlis, Soissons et Laon sont pillées par les Normands. Sans héritier, le comte Bernard de Senlis, la ville devient possession d'Hugues Capet, élu roi en 987, avant d'être sacré à Noyon.

La construction de la première cathédrale de Senlis commence à la fin du Xème siècle, sous le règne des capétiens. Senlis est ville royale, demeure des rois de France, depuis Hugues Capet, jusque Charles X.

Le Moyen Âge et les cathédrales

Au XIème siècle, Senlis est une ville importante, avec son château royal, le siège d'un diocèse, une cathédrale, trois autres églises paroissiales (dont Saint-Rieul, Saint-Pierre et Saint-Aignan), trois abbayes (Saint-Vincent, Saint-Michel (aujourd’hui disparue) et Saint-Rémi (rasée en 1589 pour des raisons militaires) et la collégiale Saint Frambourg.

Vers le milieu du XIIe siècle, Louis VII entreprend une collecte de fonds pour reconstruire la cathédrale ND de Senlis, telle qu’on peut l’admirer encore aujourd’hui. En 1170, l’ordre de St Jean de Jérusalem établit une commanderie, un hôpital et une église. L'hôpital Saint-Martin, créé en 1170, sera remplacé par l'Hôtel-dieu de Gallande.

La charte communale de 1173 et le beffroi

  

  

Le Beffroi de Senlis construit entre 1170 et 1724.

Louis VII accorde une charte communale en 1173, comme Compiègne et Soissons. Cette charte affranchit les habitants de la ville, ainsi ils n’ont plus de comptes à rendre qu'au roi et directement. Le seigneur local le plus influent après le roi est Guy le Bouteiller. Il ne fait pas obstacle, contrairement aux seigneurs ecclésiastiques. Ceci n'empêche pas la commune d'entretenir de bonnes relations avec les autorités religieuses. Tous les habitants de la ville et de ses faubourgs doivent être membres de la commune. Ce statut avantageux incite des habitants de localités voisines à s'installer à Senlis. Les affaires de la ville sont réglées par le maire et les magistrats municipaux, également juges du tribunal municipal.

Après la constitution de la commune, sous le roi Philippe Auguste, la construction d'une nouvelle enceinte entoure les principaux quartiers de la ville sauf les faubourgs. Elle est achevée en 1287. Quelques Senlisiens ont un rôle important auprès du roi. Ainsi les Bouteiller de Senlis ou encore le chancelier Guérin, évêque de Senlis qui participera à la bataille de Bouvines). C’est en l'honneur de ce succès qu'il fonde en1222, l’abbaye de la victoire, hors la ville. Puis deux autres couvents sont construits à l'intérieur de la ville. Ainsi le couvent des Cordeliers en 1228 (complètement disparu comme le couvent des Carmes) et le prieuré Saint-Maurice en 1239. En 1232, avec la chapelle Saint-Étienne, on compte huit paroisses, jusqu'en 1706. Celle-ci subsiste toujours, ayant été reconstruite en maison d'habitation vers la fin du XIXème siècle.

Comme symbole de sa liberté, Senlis disposait d'un beffroi, sa cloche annonçait la fermeture des portes de la ville, des assemblées publiques, des marchés, des incendies, des émeutes, et l'apparition de l'ennemi.

La vie économique au XIIe et au XIIIe siècle

Senlis connaît son apogée aux XIIème et XIIIème siècles. Elle vit du commerce de la laine, du cuir et de la fourrure. D’ailleurs, les plans de Senlis et de Paris au XIIIe siècle de l’époque laissent à penser que Senlis est plus grande que la capitale. Et plusieurs halles spécialisées témoignent d'une intense activité marchande : halles au blé, halles aux bouchers, halles aux drapiers, halles aux merciers et aussi chapeliers, pelletiers, fourreurs, vins et poissons (la haranguerie). Il y a aussi des marchés pour les gâteaux, les fromages, les boisseaux, le cuir, les veaux, les porcs et les autres bestiaux. Une foire se tenait chaque mois de septembre, pendant toute une semaine, près de la maladrerie Saint Lazare et dans le faubourg Saint-Martin. Une deuxième foire est instaurée en 1307, pendant une semaine en novembre[.

  

  

Le moulin des Carmes, ou des Bonshommes, a été démoli lors de la bataille de Senlis, le 2 septembre 1914.

 

Les moulins, activité liée à la Nonette

Les moulins à eau sont nombreux le long de la Nonette (le moulin de Villemétrie existe encore) Trois moulins tournent sur l'Aunette.

A cette époque, on trouve une viticulture développée, et la qualité du vin senlisien aurait été équivalente aux autres vins de la région parisienne.

Un bailliage de Senlis est créé en 1267. Son territoire est très vaste et recouvre le beauvaisis et le Vexin français. Auparavant, Senlis dépendait du bailliage du Vermandois, lequel tenait parfois ses assises à Senlis.

Depuis la fin du XIIIe siècle, des banquiers Lombards s’installent à Senlis. Ceux ci vendaient aussi des bijoux et des objets précieux et étaient parfois des faux monnayeurs. Les lombards sont des usuriers et font plusieurs fois l'objet de poursuites[25].

La fin de la commune

La commune doit faire face à des charges financières conséquentes. Et les frais de justice ne cessent de croître. Et le clergé usurpe des droits, de fait, les litiges avec la commune sont nombreux. Le diocèse, les chapitres et monastères disposent de titres établis par le roi, et le plus souvent ce sont eux qui gagnent les procès. De plus, la juridiction du bailli comme instance d'appel casse souvent les jugements prononcés par la commune, jalouse de son indépendance. Et la commune doit verser une importante amende à chaque fois que l'un de ses jugements est invalidé par une instance supérieure.

Dès la fin du XIIe siècle, la situation financière de la commune devient préoccupante. Les retard de paiements d'impôts envers la commune, les taux d'intérêt élevés pour les emprunts et les malversations des maires en leur propre faveur, tout cela fait que la commune criblée de dettes est supprimée à la demande de la majorité des habitants. Les nouveaux édiles officient sous l'autorité du bailli ou de l'un de ses prévôts sont toutefois élus chaque année par les habitants. « Attournés », puis »gouverneurs » et plus tard « Echevins », mais rien ne change et la ville ne s'autogouverne plus que grâce à la tolérance du bailli, lorsque celui ci ne veut pas s'occuper directement des affaires de la ville.

Senlis évolue de plus en plus, d'une ville commerçante vers une agglomération d'établissements religieux. Avec la fondation du couvent des Bonshommes (futur couvent des Carmes) en 1303, avec son hôpital Saint-Louis, on dénombre six monastères. Il faut y ajouter l'Hôtel-Dieu et la maladrerie St Lazare, lesquels sont aussi des couvents, les chapitres de Notre-Dame de Saint-Rieul et de Saint-Frambourg, ainsi que les maisons de ville d'abbayes extérieures à Senlis, comme l’abbaye de Chaalis. Les maisons de particuliers disparaissent. D’ailleurs, en 1310, un concile a lieu à Senlis, lequel décidera de la persécution des templiers et neuf d'entre eux y seront exécutés directement.

Senlis dans la Guerre de Cent Ans

La « guerre de 100 ans » commence à Senlis avec la « grande jacquerie ». C’est la révolte des paysans contre le privations qu'ils doivent subir, du fait de la guerre, du niveau élevé des contributions, à la mévente de leurs produits et à l’attitude des nobles, lesquels, guerroyent entre familles et rançonnent le pays. La ville est attaquée par les nobles le 11 juin 1358, mais les habitants se défendent avec succès.

Senlis reste toujours fidèle au roi et se tient loin des conflits. Mais en 1417, Jean sans Peur, duc de Bourgogne promet aux villes picardes de les protéger et aux habitants de les libérer des impôts. Et Senlis change de camp, comme toutes les villes picardes. Fin 1417, les Bourguignons prennent aisément possession de Senlis, la garnison royale est faible et la population est bien disposée à leur égard. Le bailli se plaint mais il n'est pas écouté. En 1418, le roi Charles VI demande à Bernard d’Armagnac de reprendre les villes rebelles. Mais toute la population contribue à la défense. Une brèche est ouverte dans l'enceinte entre la porte de Paris et la porte de Meaux, et après négociations, la ville de Senlis se rend. Mais la situation reste confuse.

  

  

Ce monument commémore la bataille de Montépilloy et le succès des troupes de Jeanne d'Arc contre les Anglais, le 15 et 16 août 1429.

La paix pour Senlis, est toute relative, ailleurs, les troubles continuent. Impôts élevés, ville à reconstruire, l'économie est ruinée, et les champs ne sont plus labourés. Dés 1425, les Anglais s'emparent de Creil. Sous la menace, Senlis accepte de leur verser une rançon. L’armée du Duc de Bedford, avec les picards, attaque l’armée royale dans les plaines vers Montépilloy. Charles VII reprend Compiègne et Beauvais, ainsi que Senlis. C’est la fin de la domination anglaise dans la région. Ce revirement de situation est traditionnellement attribué à Jeanne d’arc. Une trêve entre Charles VII et le duc de Bourgogne, est signée en1431 lors d'états généraux convoqués à Senlis.

En 1493, Charles VIII, signe le traité de Senlis avec le duc de Bourgogne.

L'époque moderne 

La fin du Moyen Âge et le début des troubles religieux

 

 

Buste de Henri IV sur la façade nord de l'Hôtel de ville.

Après la fin du Moyen Âge, l'enseignement commence à occuper une place plus importante : le collège de Senlis est officiellement créé en1523. L'objectif de l'enseignement est d'ordre religieux. Il faut protéger la jeunesse contre les dangers de l’hérésie. Les huguenots sont relativement nombreux à Senlis. Les persécutions ne touchent que quelques uns d’entre eux.

Au XVIème siècle, Senlis assure un rôle judiciaire important, bailliage, grenier à sel, élection, et eaux et forêts. Mais la création d’un bailliage et présidial à Beauvais, avec les Guerres de Religion stoppent le redressement de Senlis. De plus les épidémies de peste à répétition, mettent la ville à l'épreuve. La ville échappe de peu à une attaque des réformistes français et allemands qui campent à St Denis, Creil et Beaumont sur Oise. En 1577, Senlis est l'une des premières cités d’île de France à se rallier au futur roi Henri IV.

La guerre de la Ligue et ses conséquences

Senlis veut rester neutre mais les nouveaux troubles religieux sont très importants à cette époque. La Ligue ne veut pas quitter la ville. Les luttes intestines entre rois et les différentes péripéties de l’histoire font que Senlis revient dans le camp des loyalistes. Après un siège et une bataille perdue vers Montépilloy, la ligue finit par abandonner Senlis.

Henri IV séjourna à Senlis le 20 mai1591 et y revint de nombreuses fois pour se reposer, ainsi, lors du siège de Paris, c’est à Senlis que le roi se sentit en sécurité, disant « c’est ici que tout a commencé pour moi »

 

 

La bastion de la porte de Meaux.

 

Le déclin de la ville au XVIIe siècle

 

 

Senlis sur la Carte de Cassini.

 

 

Plan de Senlis en 1772, sans les faubourgs.

 

 

Le chanoine Charles-François Afforty (1706-1786).

Durant trois siècles, Senlis subit un lent déclin, en perdant son rayonnement économique et une part de sa population. L’industrie drapière et son commerce décline, les rois ne séjournent plus à Senlis après Henri IV. Par contre les congrégations religieuses s’y développent et s’y installent, au détriment de l’artisanat et du commerce. La peste et les quarantaines ne favorisent pas non plus les échanges commerciaux.

Senlis à la fin de l'Ancien Régime

À partir du milieu du XVIIIème siècle, de grands travaux modifient les voies de communication à travers la ville. C'est le début du démantèlement des fortifications. Les esplanades sont aménagées en promenades pour les habitants. Il faut une nouvelle place du marché.

Le nombre d'habitants stagne. Si Senlis n'est plus une ville importante à la fin de l'Ancien Régime, elle est décrite comme très propre, avec des vastes maisons, presque toutes dotées d'un jardin. Les connaissances actuelles de l'histoire de Senlis jusqu'au XVIIe siècle sont dues aux recherches réalisées par le chanoine Charles-François Afforty. Sur l’ensemble des documents compilés écrits par Afforty, vingt-cinq volumes ont été achetés par la bibliothèque municipale de Senlis.[]

La période révolutionnaire

Au mois de mars 1789, une assemblée est convoquée en vue d'élire les députés auxEtats généraux du 1er mai 1789. En tant que député du tiers état, le vicomte Stanislas de Girardin, fils du créateur du parc d’Ermenonville, est élu. Il est opposé au régime en place, et au prince De Condé. Par décision du gouvernement le tiers état n'aura pas de député pour Senlis et son bailliage. La noblesse envoie le duc de Lévis.

 

 

Borne rue du faubourg Saint-Martin, la fleur de Lys a été effacée pendant la période révolutionnaire.

La période révolutionnaire voit la suppression du diocèse de Senlis et des établissements religieux, à l'exception de l'hôpital de la Charité et de l'Hôtel-dieu. C’est la fin de la prédominance religieuse dans la ville. Les abbayes Saint-Vincent et le couvent de la Présentation deviennent des hôpitaux militaires.

Sous la Convention, la situation maintenue change à partir du 1er août1793, c’est le début de la « terreur ». De plus la crise économique se fait sentir : l'argent manque et la famine menace. Le « comité de salut public » déclare la guerre au fanatisme et appelle à la haine des modérés.

Des « fêtes civiques » sont ordonnées en dépit de la pénurie. Les cérémonies religieuses sont interdites. La cathédrale est transformée en « temple de la raison ». La ville garde ses églises, et attend une loi pour les vendre et employer les recettes pour les pauvres. Mais Senlis doit aussi nourrir des dizaines de milliers de soldats et leurs chevaux, par réquisitions.

Du Directoire à la fin de l'Empire

À la veille du Directoire, la situation s’améliore. La cathédrale est devenue un magasin de fourrage pour l'armée. Elle est remise en état avec le concours des habitants. Mais l'approvisionnement de Senlis demeure un problème, car les agriculteurs et les marchands ne font pas confiance aux assignats.

L'économie de la ville se transforme. Des activités non rentables disparaissent ou régressent. L'infrastructure de la ville se modernise timidement. L'éclairage public est mis en place.

Les bulletins de victoires napoléoniennes s'arrêtent, et la crise morale puis économique s'installe dés 1812. Fin mars 1814, après une dernière péripétie, Paris capitule. Aussitôt, les cavaliers prussiens déclarent prendre possession de Senlis au nom des Puissances alliées. Senlis est occupé, mais ils repartent aussitôt, n’exigeant de la ville que réquisitions en vivres et en fourrage.

La « première restauration » ne modifie pas la vie de Senlis. Louis XVIII accorde une petite garnison. En l'absence de toute caserne à Senlis, les soldats sont hébergés chez l’habitant et sont les bienvenus car ils raniment le commerce. En 1815, c'est la deuxième invasion de Senlis. La ville souffre des lourdes réquisitions.

De la seconde Restauration au Second Empire

La « seconde restauration » est le début d’un nouvel essor de Senlis. Une usine de chicorée est ouverte dans l'ancien hôtel dieu, et plus tard, une féculerie. Elles emploient jusqu'à cent, et deux cents ouvriers, au plus fort de leur activité. L'abbaye Saint-Vincent est transformée en filature de coton, employant jusqu'à cinq cents personnes, surtout des femmes et des enfants. Des carrières de calcaire pour la construction occupent un nombre important d'ouvriers. On dénombre huit fours à chaux.

 

 

Hôtel du Flamant, portail monumental du XVIIe siècle sur la rue des Cordeliers. L'inscription rappelle son utilisation comme sous-préfecture jusqu'en 1838.

Le roi Charles X veut renouer avec la tradition de la visite du retour du sacre, chère aux Senlisiens, il est reçu à la sous-préfecture de Senlis.

L'économie périclite de nouveau. Les foires ne font plus recette. La circulation routière est à son apogée, c’est le début de la Révolution industrielle. De nombreux services de diligences, malles postes, messageries et roulages transitent par Senlis, s’y ajoutent les cavaliers.

En 1832, une épidémie de choléra touchera 400 personnes.

Senlis obtient une garnison permanente de cavalerie, vers la même époque.

L’ancien couvent St Vincent est racheté par 3 chanoines de Beauvais, le sauvant de la démolition pour y ouvrir la maison d'éducation devenue l'actuel lycée Saint-Vincent.

De l'industrie textile, ne resteront que des laveries de laine. Cette activité disparait avec la première guerre mondiale. L'industrie du cuir reste active à Senlis, avec une tannerie, des mégisseries, une corroierie, et une parcheminerie. On trouve aussi comme autres activités industrielles, une corderie et une brasserie, des carrières et fours à chaux.

En 1838, est créé l'Hôpital Général, actuel centre hospitalier, en lieu et place de l’ancien hôpital Saint-Lazare, dont la chapelle subsiste toujours.

Le « second empire » marque un déclin de la circulation routière à Senlis, du à l'essor du chemin de fer. Le développement du commerce et de l'industrie ailleurs en France n'ont aucune répercussion sur Senlis.

La ville n’est pas sur le trajet des chemins de fer du Nord, qui passe par Chantilly - Gouvieux et Creil. En effet Senlis a voulu protéger son commerce et ses industries (vivant de la route). Bien que reliée au chemin de fer en 1862 par Chantilly puis par Crepy en Valois en 1870, Senlis reste une petite sous-préfecture provinciale, la plus petite de l’Oise, et perd son statut de centre régional. Elle demeure fréquentée par la bonne société parisienne. Tandis que les petites villes de Chantilly et de Creil connaitront un essor insoupçonné

De la guerre de 1870/71 à la fin du XIXe siècle

La guerre de 1870 impose à Senlis sa troisième invasion prussienne de ce XIXe siècle. Des mesures de sécurité contraignantes sont prises, comme par exemple : deux notables senlisiens devront voyager sur la locomotive de chaque convoi entre Chantilly et Crépy en Valois.

Pendant la 3ème république, on note l'arrivée d'un détachement de chasseurs à cheval. L’ancien relais de poste servira de caserne à cette cavalerie. Une annexe de ce quartier est créée dans l'ancien couvent des Carmes.

Le XXe siècle

Au début du XXe siècle, Senlis atteint sept mille habitants. Il reste encore quelques activités économiques anciennes, comme notamment le lavage de laines, avec quatre laveries (fin en 1914). Les métiers liés à la forêt, tels que la scierie, les bûcherons, les charbonniers, et les négociants sont nombreux à Senlis[.

Au début de la première guerre mondiale, Senlis subit les représailles allemandes, suite à des tirs de l'arrière-garde française contre les troupes d'occupation. Ce seront cent-dix maisons qui seront incendiées. En octobre1918, le maréchal Foch établit son quartier général à Senlis, d'où il dirigera les dernières opérations alliées. Le11 juillet 1920, la ville reçoit la Croix de guerre avec citation pour « mérites et souffrances » endurées pendant la guerre.

En 1927, le régiment des spahis marocains vient prendre ses quartiers à Senlis, pendant 35 ans. Un monument et un musée commémorent cet évènement. .

Pendant la seconde guerre mondiale, quelques combats ont lieu à l'entrée de la ville puis la ville est occupée pendant quatre années. La commune est libérée par les troupes américaines en août 1944.

À partir des années 50, le développement économique de la région parisienne, l'autoroute du Nord qui dessert Senlis à partir de 1964 et la mise en service de l’aéroport de Roissy en 1974 sont des éléments favorables au développement économique de la ville. En 1969, une zone d'activité économique et commerciale est aménagée le long de l'autoroute du Nord. Plusieurs nouveaux établissements scolaires sont créés dont le lycée Hugues Capet en 1987. En 1962, la loi Malraux pour la préservation du patrimoine permet la sauvegarde de quarante-deux hectares dans la ville ancienne. Les maisons particulières et les monuments sont progressivement restaurés et quatre musées sont créés. Le cadre ancien de la ville attire des artistes, ainsi Georges Cziffra qui restaure l'ancienne église Saint-Frambourg

De nombreux films y trouvent un décor idéal, proche de Paris, pour les films historiques.

A noter que tous les 2 ans, Senlis s’ouvre aux touristes, par un Weekend sans voiture en centre ville. Et chacun ouvre ses portes pour montrer jardins et surtout caves.

Le XXIe siècle

Le 4 juin 2009, on note le départ définitif du 41e régiment de transmissions de la caserne du « quartier Ordener ». Senlis cesse d'être une ville de garnison.

Séraphine Louis

La ville de Senlis a f^té les 150 ans de la naissance à Senlis, de Séraphine louis, désormais mondialement connue pour ses peintures dites naïves.

On peut admirer au moins 10 de ses œuvres majeures au musée des arts et archéologie de Senlis situé dans l'ancien palais épiscopal, place Notre Dame, à côté de la cathédrale en plein centre de Senlis.

Thomas Couture, une figure importante de l'impressionnisme

Autre figure notoire en peinture, impressionniste et pré-impressionniste, il ne faut oublier Thomas Couture, dont les œuvres sont également présentes au MuDO à Beauvais.

La collection est significative de ses œuvres