Auvers sur Oise

Ville très recherchée et fréquentée par tous les touristes en quête de beauté, du château et aussi et surtout à la recherche des peintres impressionnistes dont l'un des plus célèbres est sans doute Vincent Van Gogh

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patrimoine culturel

Auvers et les peintres

Camille PissarroPaysage au Valhermeil, 1880, Parismusée d'Orsay.

Vincent van Gogh dans une lettre à son frère Théo décrit ainsi le village : « Ici on est loin assez de Paris pour que ce soit la vraie campagne, mais combien néanmoins changé depuis Daubigny. Mais non pas changé d'une façon déplaisante, il y a beaucoup de villas et habitations diverses modernes et bourgeoises très souriantes ensoleillées, et fleuries. Cela dans une campagne presque grasse, juste à ce moment-ci du développement d'une société nouvelle dans la vieille, n'a rien de désagréable ; il y a beaucoup de bien-être dans l'air. Un calme à la Puvis de Chavannes j'y vois ou y crois voir, pas d'usines, mais de la belle verdure en abondance et en bon ordre. » (Lettre du 25 mai 1890)

Auvers, modeste commune rurale d'Île-de-France, a joué un rôle majeur dans l'histoire mondiale de la peinture, celle des paysagistes de l'école de Barbizon puis dans l'impressionnisme essentiellement.

Dès 1857, le peintre paysagiste Charles-François Daubigny fréquente régulièrement Auvers qu'il peint à partir de son canot, le botin, ou de l'île de Vaux, sur l'Oise entre Auvers et Méry. Amoureux de la nature, pour lui, « les paysages sont toujours plus beaux quand ils sont vus du milieu d'une rivière » et il part régulièrement à la rame parcourir l'Oise, ou la Seine en aval, parfois pour plusieurs jours ou plusieurs semaines, ramenant comme trophées de nombreuses toiles de tous formats. En 1860, il se fait édifier une maison à Auvers dans le quartier des Vallées, décorée par ses soins et aidé de son fils et ses amis dont les peintres Camille Corot90 et Hippolyte Camille Delpy, lequel se marie avec Louise-Berthe Cyboulle, fille d’un peintre de fleurs et d’insectes, originaire d'Auvers-sur-Oise91.

En 1872, le docteur Paul Gachet achète une maison à Auvers afin que sa femme, malade, « respire du bon air » ; médecin de son état, il conserve son cabinet et sa clientèle à Paris, dont la mère de Camille Pissarro qu'il soigne ainsi que les enfants du peintre, à Auvers. Il est également peintre amateur et graveur sous le pseudonyme de Paul van Ryssel (le nom de sa ville natale - Lille - en flamand). Ami de Daubigny et de Corot, il accueille jusqu'à la fin de sa vie les artistes dans sa maison, dont Paul Cézanne, ou Camille Pissarro, qui vient lui rendre visite en voisin, de sa maison de Pontoise. Grand collectionneur d'art, il demeure un acteur incontournable de l'histoire de l'art de la fin du xixe sièclea 14.

Paul Cézanne vient « apprendre à peindre » en compagnie de Pissarro, il s'installe dans ce but à Auvers durant toute l'année 1873 et les premiers mois de 1874. Le peintre apprend à Auvers à travailler avec patience, éclaircir sa palette, mais sa lenteur le handicape et il ne parvient pas toujours à finir ses toiles. Son rythme de travail n'est pas compatible avec la touche rapide impressionniste qui saisit l'instant, ses toiles comme la maison du docteur Gachet (1873, Musée d'Orsay), ont été déclarées « constructivistes » par l'histoire de l'art. Il retrouve ensuite sa Provence natale, mais le souvenir heureux de ce séjour le fait revenir durant les étés 1877 et 1881a 15.

Victor Vignon (Villers-Cotterêts1847 - Meulan1909) qui participa aux quatre derniers salons impressionnistes peint à Auvers et Pontoise en compagnie de Pissarro, Cézanne et Guillaumin. Il est également un proche du docteur Gachet et de Murer, et très estimé des frères Van Gogh. Frédéric Samuel Cordey, un ami de Renoir, a également peint à Auvers avec ces derniers et exposé au salon de 1877. Il séjourne alors à Éragny, mais ce peintre tombe très vite dans l'oublia 16.

Vincent van Gogh, Les chaumes de Cordeville, 1890, Musée d'Orsay.

Le mardi  à onze heures du matin, le docteur Gachet reçoit un peintre alors inconnu du public, recommandé par son frère : Vincent van Gogh. Celui-ci est au sommet de sa maîtrise artistique et peint avec frénésie plus de soixante-dix toiles en deux mois. Outre un art à son apogée, Vincent décrit dans ses œuvres la vie d'une petite commune du Vexin français à la fin du xixe siècle, sa vie paysanne, son architecture. D'une grande force expressive, sa palette s'assombrit néanmoins peu à peu exprimant le mal de vivre qui le tourmente, sa vie étant « attaquée à la racine même ». Sans doute épuisé nerveusement par son travail, et se sentant coupable d'être à la charge financière de son frère, il se tire un coup de revolver en plein champ le  avant d'être ramené à l'auberge Ravoux, où il séjourne ; il y décède trois jours plus tard et est enterré dans le cimetière du villagea 17.

Eugène Murer (Moulins1846 - Auvers-sur-Oise, 1909) est pâtissier-restaurateur boulevard Voltaire, à Paris. Mais il est aussi écrivain et collectionneur d'art. Ami de Pissarro, Cézanne, Renoir, Sisley, Guillaumin et Vignon, il achète leurs toiles à des prix défiant toute concurrence. En 1878, il se fait construire une maison, rue du Four à Auvers et y installe une galerie où sont exposées ses cent-vingt toiles impressionnistes, qui sont malheureusement dispersées ensuite à cause d'une mésentente avec sa sœur Marie. Il se met lui-même à la peinture et expose chez Ambroise Vollard en 1898.

Norbert Gœneutte (Paris, 1854, Auvers-sur-Oise, 1894) peintre proche des impressionnistes - sans avoir jamais participé à aucun de leurs salons - s'est surtout exprimé dans la gravure. Ami de Renoir, Cordey, Murer et du docteur Gachet, ce dernier le fait venir à Auvers en 1891 afin de soigner sa maladie de poitrine qui s'aggrave. Essentiellement portraitiste de femmes, il peint entre deux gravures des aquarelles et de petites toiles de plein air aux angles aigus et aux couleurs étonnantes. Il est enterré au cimetière d'Auversa 18.

Plus tard, d'autres peintres continuent à fréquenter Auvers : le Douanier Rousseau puis Maurice de Vlaminck, qui vient marcher dans les pas de Van Gogh qu'il admire, viennent y puiser leur inspirationa 19. Durant les années 1930, un autre grand admirateur de Van Gogh, Otto Freundlich (StolpAllemagne, 1878 - Camp de concentration de Lublin-Maidanek, Pologne1943) peintre allemand et juif de Poméranie fréquente assidûment Auvers. Sa compagne Jeanine Kosnik-Kloss est d'ailleurs enterrée face à la tombe des frères Van Gogh. Le peintre occupe un atelier du Bateau-Lavoir à Paris en 1908 où il fait la connaissance d'Guillaume ApollinaireGeorges BraquePablo Picasso et Juan Gris. Restaurateur des vitraux de la cathédrale de Chartres en 1914, son « homme nouveau », sculpture de 1912 est placée en couverture du catalogue nazi de « l'art dégénéré ». L'artiste réfugié dans les Pyrénées-Orientales est finalement arrêté en 1943 et déporté. Le musée Tavet-Delacour de Pontoise conserve une importante donation de l'artistea 20. Au xxie siècle, plusieurs galeries perpétuent le séjour d'artistes dans le village, en particulier le long de la rue du Montcel.