Galerie de la tapisserie de Beauvais

Le Quadrilatère - Galerie Nationale de la Tapisserie


Galerie nationale de la tapisserieNaissance d'un projet ambitieux

Au lendemain de la guerre, Beauvais conserve peu de témoignages évoquant le passé glorieux de sa Manufacture.
En 1964, à l'occasion du tricentenaire de la fondation de l'établissement, le Mobilier national organise pour la ville une exposition retraçant trois siècles de tapisseries. Il fait également réaliser par ses ateliers une pièce d'après Matisse, Le Ciel, qui est donnée à la commune à l'issue de l'exposition. Face au succès de cet événement, André Malraux, ministre de la culture, décide la création d'un centre de la tapisserie à Beauvais : la Galerie nationale de la tapisserie. 

Inaugurée en 1976 par Françoise Giroud, secrétaire d'État à la culture, ce lieu d'expositions temporaires, dédié à la tapisserie et au mobilier du XVIe siècle à nos jours, abrite alors un atelier de démonstration de basse-lisse pour documenter le public sur les techniques de tissage.

Une architecture ancrée dans le XXe siècle

En 1969, le projet architectural est confié à André Hermant et à son collaborateur Jean-Pierre Jouve. Élève d'Auguste Perret, célèbre architecte du XXe siècle spécialiste du béton armé, Hermant est alors l'interlocuteur privilégié de l'administration des musées de France. Il a notamment réalisé la restructuration du musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, du musée Marc-Chagall à Nice ou encore l'aménagement du Petit-Palais d'Avignon en musée. 
Le chevet de la cathédrale, inoccupé depuis les destructions de 1940, s'impose comme l'emplacement idéal pour la Galerie. La proximité directe de la cathédrale et du rempart antique oriente le projet vers une architecture contemporaine discrète dont les murs en béton armé et la couverture de cuivre contrastent volontairement avec les matériaux des deux édifices anciens. Les architectes adoptent un parti-pris d'horizontalité. La hauteur limitée de l'édifice magnifie ainsi la verticalité prodigieuse de la cathédrale et met en exergue le rempart. En raison de la richesse archéologique du site, une partie du mur gallo-romain est valorisé à l'intérieur même de la Galerie et une crypte archéologique est intégrée dans le parcours de visite, concentrant ainsi en un même lieu 2000 ans d'architecture beauvaisienne.


La programmation artistique et culturelle actuelle

Inaugurée en 1976, la Galerie nationale de la tapisserie est devenue propriété de la ville de Beauvais au printemps 2013 dans le cadre d’un échange avec l’Etat ; la Manufacture de la tapisserie est désormais rattachée au Mobilier national.
S'appuyant sur un réseau régional et national de structures culturelles (musées, fonds régionaux, collections privées, galeries d'art), le programme d’expositions temporaires multiplie les passerelles entre le patrimoine et la création actuelle. Ainsi, la tapisserie reste régulièrement exposée sans être exclusive.

Le nouveau projet de la Galerie qui a pour vocation de devenir un équipement majeur dans le paysage culturel s'articule désormais autour de quatre axes : Création, Arts, Patrimoine, Tourisme. 

L’appellation « Galerie nationale de la tapisserie » ne permettant plus d’identifier le lieu, elle devient le Quadrilatère

Le Quadrilatère
Adresse : 
22 rue Saint-Pierre
60000 BEAUVAIS 
Tél : 03 44 15 67 00



Tapisserie d'après une œuvre de Victor Vasarely Crédits : CRDP d'Amiens

Le siècle de Louis XIV est une époque fondatrice, à laquelle la ville de Beauvais doit son musée. Si l’on connaît plus volontiers la Manufacture royale et parisienne des Gobelins, il faut également savoir que la cité de l’Oise a compté et compte encore en ses murs une institution équivalente. Depuis 1989, la Manufacture nationale de la Tapisserie est en effet installée rue Henri Brispot, dans les locaux des anciens abattoirs de la ville. 
Celle-ci se double de la Galerie nationale de la tapisserie, musée de la Tapisserie, visible aux pieds de la cathédrale.

UNE DIFFÉRENCE FONDAMENTALE AVEC LA MANUFACTURE DES GOBELINS

Mercantilisme oblige, suivant les vœux du ministre Colbert, la manufacture de Beauvais est fondée en août 1664. Contrairement à son alter ego parisien, qui doit répondre aux commandes royales, la manufacture de Beauvais a pour vocation de commercialiser ses productions. Il s’agit en effet de lutter contre les importations de tapisseries venues des Flandres, Beauvais étant d’ailleurs située sur la route de ces circuits d’échanges commerciaux.

La Manufacture connaît son apogée au siècle suivant, grâce à la collaboration des peintres Oudry et Boucher notamment. 
Le destin de l’entreprise est bouleversé au XXe siècle.

En 1936, elle est rattachée au Mobilier national. Quatre années plus tard, au mois de juin, ses locaux sont détruits, en même temps qu’une bonne partie de la ville de Beauvais, à la suite d’un bombardement de l’aviation allemande. Une partie de ses ateliers s‘installent alors aux Gobelins, à Paris, avant que l’ensemble ne soit rapatrié dans l’Oise en 1989.

Aujourd’hui, fidèle à sa vocation, la Manufacture nationale de la Tapisserie oriente ses productions vers le style contemporain.

LE MUSÉE


Galerie nationale de la tapisserie à Beauvais Crédits : CRDP d'Amiens

Forte de cette tradition séculaire, Beauvais est la ville rêvée pour abriter une Galerie nationale de la Tapisserie. Construite à partir de 1964, rue Saint Pierre, sur les plans de l’architecte André Hermant, ses locaux, qui reposent sur les contreforts des remparts gallo-romains, sont inaugurés en 1976. Les collections de la Manufacture, d’autres créations provenant des Tapisseries d’Aubusson, ainsi que des chefs d’œuvre du Mobilier national, y sont visibles.